"Patrouille" de Bab-el-Assa à Aïn-Bouzouarine.

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"Patrouille" de Bab-el-Assa à Aïn-Bouzouarine.

Message  perrot le Sam 29 Jan - 2:11

Aïn-Bouzouarine, ce nom va rappeler des souvenirs oubliés à certains ; c’était un petit village situé à quelques kilomètres à l'arrière de Bab el Assa, sur la route de l'Azzouna.
Aïn veut dire « source ». A cet endroit l’armée avait décaissé le terrain (comme disent les terrassiers) et construit un mur, il en sortait un tuyau de métal, d’où coulait une eau très claire ; cette eau passait ensuite dans des sortes de bacs en ciment où les femmes du village venaient laver le linge . L’endroit était très fréquenté : il y avait de très jeunes filles ou des femmes qui venaient remplir d’énormes jarres qu’elles portaient sur le dos, des hommes qui venaient faire boire leurs brêles, et les chauffeurs de la Marine qui venaient laver leurs véhicules ………. Il faut dire que l’eau était rare dans la région.
A 1 ou 2 km de là, pas loin de la route, le Génie a foré un puits, en 1961, pendant de longues semaines de gros tubes de métal ont été enfoncés à une très grande profondeur. Déception : c’est de l’eau salé qui en est sortie.
Le dimanche à Bab el Assa, si nous n’étions pas de Service, nous avions le droit d’aller à Aïn-Bouzouarine ; nous partions à pied, avec nos armes, nous étions considéré comme patrouille.
A 1 km de Bab-el-Assa, on quittait la route, on prenait un chemin à gauche, et on arrivait à un village abandonné qu’on appelait : « la Ville Morte » , et là il aurait pu nous arriver de gros pépins, car on se tirait des rafales entre nous d’une maison à l’autre. Ensuite on reprenait la route. (pour se procurer des munitions on disait à l’armurier : cette nuit j’ai tiré 4 chargeurs, alors qu’on en avait par exemple tiré seulement 2).
A Aïn-Bouzouarine il y avait un « épicerie » dans une mechta, c’était la misère, il y avait juste de quoi survivre, des bougies, des lampes à pétrole, des pâtes, des œufs, des haricots, et surtout de la bière ……. Dont certains matelots abusaient. Dans ce village les gens étaient très pauvres, mais dignes.
L’épicier nous achetait des escargots (genre Bourgogne) 50 francs anciens le kg. Certains doivent se souvenir que les jours de pluie ceux-ci sortaient par milliers, au point que les patrouilles à pied étaient presque impossibles à faire, les pistes en étaient couvertes, et ça faisait du bruit lorsque nous les écrasions. Lorsque le soleil revenait le moindre buisson en était recouvert. Nous les stockions dans un énorme tonneau . Ce petit commerce a duré un certain temps, puis on nous l’a interdit.
Donc nous allions aussi au lavoir, et là il y avait une jeune fille du nom de Fatima, 17 / 18 ans d’une beauté …. Nombreux en étaient amoureux ; elle ne nous parlait pas, mais j’ai su en discutant avec les autres femmes que son père travaillait à Bordeaux. Un chibani m’a dit que dans les temps anciens le Sultan du Maroc venait chercher des femmes ici.
Il y avait aussi Adrah, une femme d’une trentaine d’année, elle avait vécu en France et n’avait pas sa langue dans sa poche un jour elle m’a dit en riant : On entends les explosions la nuit , les fellaghas vont tous vous couper les C …. Je lui ai répondu : Si je meurs je viendrais la nuit prendre tes dents en or. Elle ne m’a plus jamais taquiné !
Voilà nos grands loisirs à Bab-el-Assa ! !

perrot

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