Ratissage aprés l'attaque du Poste des Perdreaux du 17 février 1961.

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Ratissage aprés l'attaque du Poste des Perdreaux du 17 février 1961.

Message  perrot le Lun 22 Nov - 21:21

Je viens de lire les sujets concernant l’attaque du Poste des Perdreaux du 17 février 1961.
Je possède ce tract avec les 3 morts et d’autres aussi, ainsi que 2 tracts ALN, je les adresserai lorsque je maîtriserai mieux le système.

Donc je livre mon point de vue à ce sujet. J’ai mon « agenda Marine » de l’époque, et je retrouve des détails qui étaient carrément sortis de ma mémoire, en particulier pour cette affaire.

Dans la soirée on est venu nous chercher à la Section–frontière de Bab el Assa, pour charger des caisses de munitions sur un GMC, et les amener à un Poste qui venait d’être attaqué. Louis Gentilhomme rappelle ce fait, donc comme il n’y a eu qu’une sortie, c’est que nous sommes allés ensemble avec d’autres, au Poste des Perdreaux ce soir là.

Le lendemain à 10 heures nous sommes de nouveau allés sur place pour faire un ratissage jusqu’à la frontière pour chercher d’éventuels blessés.

Les 3 Djounouds étaient encore couchés en position à environ 10 mètres du Poste, ils étaient affreusement abîmés, il me semble que l’un a reçu un obus qui est descendu directement sur lui à la verticale. On nous a dit qu’il y avait un blessé prisonnier. (s’en est il sorti ?)

Laurent Poussi précise qu’en 1958 il y avait des mechtas devant le Poste, eh bien elle y était encore en février 1961 ! environ à 150 mètres ! Belle base pour lancer l’attaque et se replier ! Effectivement moi simple matelot, ça m’avait étonné. Là aussi il y a eu faute.

Quelqu’un sur le Forum voit la frontière à 5 km ; moi je l’estime plutôt à 2,5 km. (mais je suis peut-être dans l’erreur)
Ont été trouvé ce jour-là des bengalores, grenades et porte-grenade ; de plus les tués avaient leurs armes et les chargeurs.

Ce n’était pas vraiment un ratissage bien en ligne. J’ai choisi de suivre une trace de gouttes de sang dans les herbes, elle était ininterrompue, …. je m’ imagine le calvaire de cet homme, adversaire ou pas. A un moment elle a traversé l’ancienne route de Port-Say, puis a continué jusqu’à une sorte de promontoire, comme une falaise, où on découvrait à 150 / 200 mètres en bas, un oued puis le Maroc ; un homme c’est enfui dans le fond et a disparu, quelqu’un de chez nous a tiré 2 ou 3 coups de fusil. Puis nous sommes revenus au Poste.

Lorsque nous avons démarré le ratissage il y avait quelqu’un (un second-maître ?) qui avait une carabine US (je ne suis pas sûr, mais je crois qu’il avait une lunette de visée) j’ai été étonné car il n’est pas parti en direction de la frontière, mais sur notre droite, puis il a disparu de ma vue. On m’a dit qu’il avait l’habitude de partir seul. …..

Au retour au Poste des Perdreaux, un GMC était là avec une remorque à l’arrière, les 3 tués étaient dedans. Lorsque le camion est parti le matelot / fus. Ducanos qui était avec moi, a salué militairement, je n’y avais pas pensé et j’ai fait de même, car il faut respecter et saluer l’adversaire lorsqu’il a été au bout du courage.

Les jours suivants, j’ai entendu dire que cette nuit-là, d’après les renseignements, Napo devait être pris d’assaut , (cela n’aurait pas été difficile du tout !) certainement pour faire diversion, mais l’héroïsme des gars des Perdreaux à peut-être modifié le plan … hypothèse ….

Au sujet du renseignement : certaines fois en partant en patrouille, généralement à minuit, on nous demandait de faire entrer en Zone Interdite à Napo, un Algérien ; il devait par la suite se présenter à un Poste, avec un journal du jour marocain, et bien sûr avec des renseignements. J’ai le souvenir d’un de ces hommes qui a paraît-il été retrouvé tué devant Bounaïm-Nord.
Donc voilà ce que je peux dire sur le Poste des Perdreaux. J’aimerai bien que les gars dont je cite le nom dans mes envois se manifestent, ne serait-ce que pour avoir leur point de vue.
Je rajoute que l'attaque aurait eu lieu aux cris de "on arrive!" (C.Perrot le 22/11/2010)




perrot

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ESPION

Message  lapidation le Lun 6 Déc - 21:01

Il y avait un Algérien musulman et un pied noir qui faisaient ce boulot. Je les connaissait bien car parlant arabe couramment nous travaillions souvent ensemble avec l'officier OPS sur des renseignements militaires de l'ALN au Maroc.

Puisque tu étais à la section frontière tu dois te rappeler du pavillon fel en zone interdite et le nom du matelot fusilier qui a foncé pour le descendre. Il y avait des mines tout autour. Te rappelles tu de quelle manière on l'a récompensé ?

Comme tu parles des Perdreaux tu dois te rappeler de l'explosion du Marauder en vol qui venait lucioler une nuit où c'était la joie. Te te rappeleras certainement du temps qu'il faisait et de ce que vous avez dû faire le lendemain matin ?

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Réponse à Lucien Galéa pour: L'espion, le Pavillon ALN et le Crash de l'avion.

Message  perrot le Mer 8 Déc - 18:04

Bonjour Lucien Galéa. Réponse aux sujets: l’espion, le pavillon ALN. et le crash de l’avion.
Au sujet de l ‘informateur musulman que nous faisions passer en Z.I. par Napo la nuit ; ce que je peux dire, de mémoire, sur lui, est ceci : il avait une énorme verrue, (ou kyste de la taille des anciennes pièces de 5 anciens francs en aluminium) sur le front entre les yeux ; un jour le médecin lui a enlevé. La journée il épluchait les patates, et la nuit il couchait en cellule au bas de Bab el Assa.

Quand à l’avion de l’Aéronavale, qui s’est écrasé à côté de Signal, et qui a fait 3 Morts. (d’après ma note le ratissage s’est passé le 25 mars 1961) ; je n’ai pas été envoyé sur place, et je ne le regrette pas .(d'ailleurs je devais être à Munck) Certains copains y sont allés, munis de sacs ; c’est tout ce que je dirai par respect pour ces Marins qui sont tombés Victimes du Devoir. Je ne me souviens pas du temps qu’il faisait ce jour-là.

Au sujet du pavillon ALN, je n ‘ai pas de notes, mais je me rappelle que c’était le Q.M.-chef Le Saec, qui est monté au mat.Par la suite il a été constaté qu’il y avait des mines antipersonnel autour du mat . Il peut y avoir aussi confusion, car il y a eu la prise d’un autre pavillon. (Je pense que c’était antérieur) Si mes souvenirs sont exacts Le Saec a pris une bonne engueulade. Je n’étais pas présent ce jour-là non plus.

Je tiens à dire, que j’ai pris des notes, mais assez succinctes ; de plus je n’ai pas tout noté par manque de temps ; j’écrivais dans des conditions précaires, et j’ai vraiment de la peine à me relire. C’était sur un petit agenda Marine, de ce fait il arrivait que j’écrive sur le jour suivant, ce qui a pu décaler des dates. Quand j’aurais le temps je déchiffrerai page par page.
J’ai répondu à tes questions sur ces 3 sujets ; je suis très heureux que par le biais d’Internet, cela puisse être préservé pour la petite histoire de la piétaille que nous étions.
Très sincèrement. Charles Perrot. 08/12/2010.

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MARAUDER

Message  lapidation le Mer 15 Déc - 1:18

Le marauder qui venait de La sénia lucioler lors des attaques de fells, a dû voler bas ce soir là à cause d'un temps affreux : brouillard glacé, pluie fine, pas de vent, il s'est présenté cap sur Port Say à 200 pieds (6/700 mètres d'altitude), alors que l'attaque des fells s'enlisait. Les batteries de Port Say et de Bou Renam tiraient leurs fusants et l'avion a été touché par un obus. Il a explosé sur le champ tuant ses occupants et dispersant ses débris humains et métalliques sur 1km2. Au petit jour une dizaine d'hommes ont quadrillé le terrain pour tout récupérer. Les restes humains ont rempli 3 sacs postaux n° 7. Les gendarmerie maritime et biffin (OPJ) ont procédé aux constatations de décès des occupants du zinc.

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crash de l'avion

Message  perrot le Mer 15 Déc - 18:48

Je ne m'avancerai pas trop, mais je crois que Bou-Renam et Port-Say ne disposaient que de mortiers; c'était surtout la Batterie de Sebabna qui faisait les tirs de barrage avec 105 fusants et percutants. (et 155 ?)
Les obus de Sebabna, étaient certainement obligés de monter vers les 600 mètres pour passer au-dessus de la chaîne de pitons qui bordaient ce côté du réseau. Donc cette hypothèse de la collision est peut être crédible, quoique après le passage des pitons l'obus descendait bien sûr progressivement .........
A l'époque j'ai aussi entendu dire qu'il avait pu être descendu par des mitrailleuses adverses, A l'appui de cela je me souviens d'avoir vu les avions qui venaient larguer des lucioles, venir tourner dans le faisceau du phare anti-aérien dressé à la verticale,et qui servait de balise. C.Perrot. 15/12/2010.
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Mortier de Bou Renam

Message  Gouzerh Roger le Jeu 16 Déc - 19:42

J'étais à Bou Renam de mi-février 61 à mi-févier 62. Il n'y avait qu'un mortier de 120. Pas de canon de 105. Voilà ce que je peux confirmer.
Ce mortier couvrait la zone MUNK, BEAUMONT, ALAZETTA essentiellement; je ne l'ai pas connu tirant sur d'autres secteurs.

Gouzerh Roger

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batteries 105

Message  lapidation le Ven 17 Déc - 1:21

Tout à fait exact Roger, j'ai fait une erreur, les batteries qui tiraient ce soir là étaient celles de Sebabna, et celles d'un escorteur qui mouillait un peu au large de Port Say. Il n'y avait pas de batteries à Port Say. Par quel obus de quelle provenance cet avion as t il été touché nul n'a jamais pu le dire.

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Les batteries en appui-feu frontière.

Message  perrot le Sam 18 Déc - 1:50

Il y avait aussi la Batterie du Tekmout (ou Tegmout) qui intervenait aussi en "appui-feu" sur la frontière, mais moins souvent que Sebabna, ou peut-être en concomitance avec elle.
Je crois que le Tekmout avait une puissance de feu moins grande que Sebabna.
Quelqu'un se souvient-il de cette Batterie?
Nous reconnaissions le passage d'un obus de 105 par le petit sifflement qu'émettait celui-ci en passant au-dessus de nous. Les obus de mortier émettaient eux un "flouf flouf flouf flouf" régulier. (j'imagine, que l'obus de mortier tourne sur lui-même, et que le bruit est produit par l'empennage frappant l'air)
L'obus de mortier est certainement un peu plus lent que le 105.
C.Perrot 17/12/2010.


Dernière édition par perrot le Lun 20 Déc - 5:14, édité 1 fois (Raison : rajouté: Nous reconnaissions le passage d'un obus de 105 etc ......................)

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Re: Ratissage aprés l'attaque du Poste des Perdreaux du 17 février 1961.

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