de Olivier Chateauminois

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de Olivier Chateauminois

Message  Admin le Mar 5 Aoû - 10:30

Mon Cher Camarade,

Le PC de la 36ème compagnie était basé à Bled es Souani et comme je le dis dans mon récit, le poste du Birrou et de Sidi Bou Djenane étaient rattachés à cette compagnie. Le chef du poste du Birrou était l'EV 2 Chateauminois, et celui de Sidi Bou Djenane l'EV1 Vézin. Je ne me souviens pas d'un troisième, mais le mieux serait de consulter le capitaine de compagnie d'alors, Pierre de Clarens, CV en retraite à Plougonvelin (29). Je peux le faire si vous le souhaitez.
Notre secteur se situait dans les Msirda Taatah, baptisé QFS (!!!!) Quartier Frontière Sud. Ce joli sigle m'avait inspiré dans mon recueil de caricatures que j'aurais peut-être le loisir de vous montrer lors de mon prochain passage en Bretagne en septembre.
L'officier en second s'appelait Basili qui habite en région parisienne (voir annuaire ACORAM)
Le médecin de réserve qui m'a soigné était le Dr Bresson, à qui a succédé le Dr Patel.
A Bled es Souani nous vivions dans un environnement inter-armées et armes : RICM - 22° RIMA - Electromécaniciens - Génie (déminage je me souviens d'un sous-lieutenant du génie qui s'appelait Marin Ô prédestination !), ALAT (je faisais tous les soirs un vol en mini hélicoptère (Djinn) sur la frontière depuis mon poste jusqu'à la mer au soleil couchant pour rechercher les traces de mise en place éventuelle de dispositif de la part des fells, mais c'était aussi l'occasion de tir au lapin au pistolet MAC 50).
Cet hélicoptère a été l'origine d'un accident affreux qui est un de mes plus sinistre souvenirs :
Pour une raison inconnue, erreur de pilotage, révolin d'air chaud sur la DZ surchauffée par le soleil, l'appareil s'est couché au décollage et le rotor a heuté le sol ; une pale s'est détachée et a fauchée les enfants du village accourus pour voir l'hélicoptère. Je ne décris pas la scène. Mais avec les gradés nous avons renvoyés les matelots, et nous sommes chargés de recueillir les morceaux. L'un des matelots est revenu avec un appareil de photo, je ne sais pas si c'était un reporter de Paris-Match, mais il a eu affaire à nous. La nature humaine est vraiment bizarre.
Le commandant de la compagnie, Pierre de Clarens, a décidé les jours suivant de rendre les honneurs au village rassemblé pour l'enterrement des victimes. Certains enfants avaient fui l'horreur dans le djebel et n'ont été retrouvés que plusieurs jours après. Imaginez l'inquiétude des parents.
La hiérarchie marine a trouvé moyen de le lui reprocher ce geste d'humanité sous prétexte que ce n'était pas un fait de guerrre... Cela n'a pas remonté dans mon estime la hiérarchie de Nemours qu'en bons aspirants et enseigne, nous charognions gaiement. Il faut dire qu'elle le méritait. J'en aurais de plus gaies à vous raconter à son sujet.

Bien cordialement

Olivier Chateauminois

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